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Quand les bracelets de Jawbone mesurent les effets d’un séisme en Californie

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Cette nuit, un tremblement de terre a secoué le nord de la Californie. Jawbone, qui commercialise des bracelets connectés, vient de publier une étude portant sur l’incidence de cet événement en fonction de la distance de ses utilisateurs. Un exemple parmi d’autres de ce qu’il est possible de faire avec ce genre de produits.

Cette nuit, les États-Unis ont été touchés un séisme, qualifié par certains comme étant le plus important de ces 25 dernières années, qui a fait plusieurs dizaines de blessés. D’une magnitude de 6.0 sur l’échelle de Richter, son épicentre se trouve à quelques kilomètres de la ville de Napa, à proximité de San Francisco. Bien évidemment, les retours ont été nombreux et très rapides sur Twitter, le réseau social ayant déjà été utilisé à de nombreuses reprises comme vecteur d’informations dans ce genre de situation.

 

Au-delà des réseaux sociaux, une autre catégorie de produits s’intéresse à ce caprice de la nature : les bracelets connectés. Jawbone vient ainsi de mettre en ligne un graphique représentant le nombre de personnes réveillé en pleine nuit juste après le tremblement de terre. Quatre zones sont prises en compte, de la plus proche de l’épicentre à la plus éloignée :

  • Napa, Sonoma, Vallejo et Berkley 
  • San Francisco, Oakland et Santa Rosa
  • Sacramento et San Kose 
  • Modesto et Santa Cruz

 

 

 
Parmi les trois villes qui sont à une vingtaine de kilomètres de l’épicentre, 93 % des utilisateurs d’un bracelet Jawbone étaient levés à 3h20, du moins si l’on en croit les données recueillies par la société. Sur le deuxième cercle (entre 40 et 80 km), 55 % étaient debout, les autres continuant à dormir normalement. Le pourcentage tombe rapidement pour ne plus devenir vraiment significatif au niveau de Modesto et Santa Cruz.

Mais d’autres données sont intéressantes à analyser : sur le premier cercle, 74 % des clients Jawbone se sont levés à 3h25 du matin (où sont tombés de leur lit). 5 minutes plus tard, on descendait à 65 % et seulement 57 % au bout de 5 minutes supplémentaires, soit une baisse de 17 points en 10 minutes.

Au-delà des chiffres, un des aspects de cette démarche concerne les données récoltées par Jawbone sur ses clients et la manière dont elles sont traitées. Un sujet d’actualité qui inquiète certains et sur lequel la CNIL commence à s’intéresser. En effet, dans un article du 28 mai 2014, l’institution donne quelques conseils pratiques du « quantified self ». En voici quelques-uns : 

  • Préférez l’utilisation d’un pseudonyme sur les plateformes où vos données peuvent être publiées.
  • N’automatisez pas le partage de vos données vers d’autres services
  • Ne partagez les données qu’avec un cercle de confiance 
  • Effacez et/ou récupérez vos données lorsque vous n’utilisez plus un service

Si l’utilisation des données semble pour le moment limitée, rien ne dit que cela sera toujours le cas à l’avenir. Comme on peut le voir, il est aisé d’établir des courbes du sommeil pour une population donnée dans un périmètre géographique… mais cela pourrait aller bien plus loin.

Un article lu sur netimpact : par 

7 Of The Most Frustrating Things About Being An Entrepreneur

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1. The Time it Takes to Raise Money

Phil Chen“If I could change one thing about being an entrepreneur, it would be the amount of time it takes to raise money. Raising money is an all-consuming task entrepreneurs have to undertake. Though important, it takes away from developing your business and leading your organization.”

– Phil ChenSystems Watch

2. The Uncertainty

Mitch Gordon“There is only so much you can control as an entrepreneur. Even if you do everything right, your idea might be just a bit too early or a bit too late. That level of uncertainty can take a toll on you over time. The uncertainty can be a drug that some entrepreneurs thrive on, but it can also be be overwhelming. If I could have all the highs of running a startup without the uncertainty, life would feel much more stable (wishful thinking!).”

– Mitch GordonGo Overseas

3. The Stereotypes

Susan LaMotte“The assumption is that all entrepreneurs are guys in their 20s, running hip tech companies in a cool office. I’m almost 39, soon to be a mom, and running a virtual services company with employees across the U.S. I’m not pulling all-nighters (though I soon will be with a baby) and I’m not out at social events or meet ups every night of the week. I wish I could change the stereotype and show the world that entrepreneurs come in all forms.”

– Susan LaMotteExaqueo

4. The Skewed Perceptions

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“Most people think — and popular culture reinforces it — that entrepreneurs are young programmers without much business knowledge. The reality is that the vast majority of entrepreneurs aren’t in the technology sector. While some invent new technologies, others start nonprofits or small businesses, or become franchise business owners. At Yodle, we work with 45,000 dentists, plumbers, contractors, etc., who are all successful entrepreneurs.”

– Ben RubensteinYodle

5. The Constant Work

Juliette Brindak“Even when I’m relaxing or on vacation, I’m never fully doing any of those things. My company is always in the back of my mind. It’s good because I’m inspired by random events and things I would never have thought about. But it can be bad because I’m never not working or out of the office. I think entrepreneurs’ brains are wired to always be thinking and looking at ways to grow and expand, but sometimes I wish I could just turn it off.”

– Juliette BrindakMiss O and Friends

6. The Roller Coaster Ride

“I love being my own boss, but I hate the daily dose of negative news that come with being one. With highs and lows and unexpected twists and turns, you have to have the stomach for the roller coaster ride of being an entrepreneur. But I’d be happy to do without all of the lows. I’m tired of saying “whatever doesn’t kill you makes you stronger.” If that was true, I’d be ready to fight superman.”

– Michael SinenskyVillage Pourhouse

7. The Attitude Towards Failure

Firas Kittaneh“It is never easy to stomach your first failure. That said, if everyone around you was more supportive of failure, I think more people would become entrepreneurs instead of constantly being afraid to do anything. Failure doesn’t have to be an embarrassing thing. At least for me, I consider each experience a new opportunity to learn what works and what clearly doesn’t. We should all have a healthier attitude towards risk-taking.”
– Firas KittanehAmerisleep

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AUTOUR DU MONDE À BORD DU ZEPPELIN

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À la fin de l’été 1929, le Graf Zeppelin fait le tour du monde en vingt et un jours. Ce film nous fait revivre ce voyage historique à travers le récit à la première personne de lady Grace Drummond-Hay. Seule femme à être montée à bord, cette journaliste faisait partie de la vingtaine de personnalité invitées dans des conditions luxueuses à bord de cet énorme dirigeable. Inspiré des six cents lettres, des articles et des notes qu’elle a laissés, le documentaire restitue toute l’atmosphère de cette extraordinaire épopée : l’aventure périlleuse d’un engin résultant d’un exploit technologique, la vie à bord, l’histoire d’amour tragique qui lie la protagoniste à un confrère, et, à travers les fenêtres du zeppelin, le contexte de l’époque. Époque qui fait écho à la nôtre, car, quelques semaines après ce voyage, un crash boursier bouleversa le monde… Une invitation à un splendide voyage historique uniquement constituée d’archives assemblées avec subtilité, restaurées et assorties d’une bande sonore soignée.

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L’homme qui vivra mille ans est déjà né

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Chirurgien-urologue, président de la société DNAVision et auteur de «La Mort de la mort» (Editions JC Lattès), Laurent Alexandre décrypte les projets de Google dans le domaine des NBIC (nano-technologies, biotechnologies, intelligence artificielle et sciences du cerveau).

Google prépare-t-il vraiment l’homme du futur ?
Laurent Alexandre : Oui, ses dirigeants veulent changer le monde et l’humanité. En quelques années, ils ont racheté ou créé un grand nombre de sociétés du secteur des NBIC (nano technologies, biotechnologies, intelligence artificielle et sciences du cerveau), comme DeepMind, Boston Dynamics ou Calico. A l’horizon 2035, ils ambitionnent d’allonger l’espérance de vie de vingt ans. Ce qui serait une révolution philosophique, puisque cela signifierait qu’on ne se rapprocherait pas de notre mort d’ici à 2035. Ils ont débauché de hauts responsables de grands laboratoires, notamment chez Roche, et des spécialistes du vieillissement. Ils ont aussi confié leur programme d’intelligence artificielle à Ray Kurzweil, le chef de file du courant transhumaniste.

Qu’est-ce que le transhumanisme ?
Laurent Alexandre : C’est le fait d’utiliser toutes les NBIC pour tuer la mort et augmenter les capacités intellectuelles de l’homme, puis d’interfacer notre cerveau avec l’intelligence artificielle. Les transhumanistes étaient des rigolos new age que personne ne prenait au sérieux, jusqu’à ce que les industriels récupèrent leurs idées. C’est une forme de religion technologique. Kurzweil a d’ailleurs créé une école prosélyte en Californie, la Singularity University. Elle forme les spécialistes des NBIC et véhicule cette idéologie. Elle est financée par Google.

Concrètement, comment Google compte-t-il s’y prendre pour allonger l’espérance de vie ?
Laurent Alexandre : Ils n’ont pas encore dévoilé leur stratégie. Le sujet est en friche car l’industrie pharmaceutique et la médecine ne se sont jamais préoccupées de retarder la mort indépendamment des maladies. Mais Google pourrait par exemple exploiter les travaux réalises récemment sur des animaux: des chercheurs de Harvard ont transfusé du sang de jeune souris dans l’organisme de souris plus âgées. Ils sont ainsi parvenus à refabriquer des neurones dans le cerveau de ces dernières, à réactiver les cellules souches et à rajeunir le fonctionnement cellulaire. On constate donc que le vieillissement est réversible. Bien sûr, ce sera beaucoup plus complexe à réaliser sur les êtres humains. Mais la nouveauté est que cela paraît possible. L’inversion du vieillissement permettra parallèlement de lutter contre les maladies qui lui sont directement liées, comme Parkinson. Le premier homme qui vivra mille ans est déjà né.

Devrons-nous vivre en connexion avec des machines ?
Laurent Alexandre : En effet. Fabriquer de nouveaux neurones dans une boîte crânienne limitée imposera peut-être d’effacer certains souvenirs. D’où l’idée de Google de téléchargera cerveau sur des circuits intégrés et de l’interfacer avec l’intelligence artificielle. Selon son directeur du développement, on installera demain des implants intracrâniens. Ils nous apporteront par exemple des réponses aux questions avant qu’on se les pose. Ce type d’implants existe déjà pour les victimes de troubles psychiatriques ou de la maladie de Parkinson. Ils créent des impulsions qui permettent de redémarrer certains circuits neuronaux défectueux. Faire passer une idée dans le cerveau est plus ambitieux. Il faudra poser des implants nanométriques sur chaque neurone. Les NBIC permettront sans doute d’y parvenir.

L’intelligence artificielle ne risque-t-elle pas de nous dépasser ?
Laurent Alexandre : Kurzweil prévoit qu’elle dépassera l’intelligence humaine en 2029 et qu’en 2045 elle sera 1 milliard de fois plus puissante que les 8 milliards de cerveaux humains réunis. Les ordinateurs battent déjà nos champions d’échecs depuis longtemps. On vient aussi de démontrer qu’un logiciel expert réalise de meilleurs recrutements qu’un spécialiste de ressources humaines. La nouveauté est qu’on envisage maintenant une conscience artificielle douée de libre arbitre, capable de penser elle-même, sans support biologique. Pour l’affronter, l’homme sera sans doute tenté d’accroître ses propres capacités. Il va y avoir un combat entre le silicium et le neurone.

Ce combat est perdu d’avance…
Laurent Alexandre : Pas forcément. Notamment si vous dopez le neurone et le sélectionnez. La génétique représente deux tiers de nos capacités intellectuelles. C’est triste, mais l’éducation et l’école n’en sont responsables que pour un tiers. Demain, on pourra sélectionner les embryons dotés d’un fort potentiel intellectuel. Les Chinois ont déjà commencé à sequencer le génome des surdoués pour identifier les variantes génétiques de l’intelligence. Cela heurte nos valeurs humanistes, mais pourra-t-on résister?

Faut-il forcément s’inquiéter de ces avancées ?
Laurent Alexandre : Tous ces projets modifient clairement l’humanité. Cela implique de signer un pacte faustien avec les technologies NBIC. L’immortalité a un prix. Le célèbre physicien britannique Stephen Hawking et le fondateur de Microsoft, Bill Gates, s’inquiètent du développement de l’intelligence artificielle. Même le fondateur de DeepMind, la filiale de Google, a admis qu’elle pourrait un jour décider de nous exterminer. Songez aussi que, demain, la justice d’un pays pourra exiger de lire notre cerveau pour contrôler les images auxquelles nous pensons… On doit au moins s’interroger. Au XXIe siècle, le débat gauche-droite fera d’ailleurs place à une opposition entre les transhumanistes, qui voudront vivre plusieurs siècles en étant biologiquement modifiés, et les bioconservateurs.

Mais ne faut-il pas déjà stopper Google ?
Laurent Alexandre : Peut-être pas maintenant. Mais si demain cette société devient le leader mondial de la robotique, de l’informatique, de l’intelligence artificielle et de la lutte contre la mort, elle aura alors un pouvoir considérable. Il serait alors logique de la démanteler, quel que soit son talent.

Google n’a pas de concurrent dans ce domaine ?
Laurent Alexandre : Pas vraiment. Apple va sans doute développer de plus en plus d’applications dans la santé, mais ils sont dans une stratégie de business traditionnelle. Ses dirigeants ne sont pas mus, comme ceux de Google, par l’idéologie transhumaniste. Ces derniers sont plus proches du Vatican que du Nasdaq.

Et la France? Pouvons-nous lutter sur ce secteur des NBIC ?
Laurent Alexandre : L’Europe est larguée. Nous avons de petites start-up, mais l’épicentre des NBIC est bien en Californie. Et à un degré moindre en Corée du Sud et en Chine. En France, c’est pire, et notre énarchie en est largement responsable. Je le sais d’autant mieux que j’ai fait l’ENA! Nos élites sont technophobes, obsédées par Florange et Petroplus. Elles ne voient pas venir le danger majeur du déclassement de notre pays.

Propos recueillis par Gilles Tanguy – Article paru dans Capital

A Bagnaia, la propriété a disparu, et ça marche

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Depuis trente-cinq ans, la communauté de Bagnaia, en Italie, vit selon des principes de collectivisation des terres et des richesses, d’autonomie alimentaire et de partage du travail. Une expérimentation sociale et agricole qui bouscule les fondements de notre société de consommation.

arton6119-3001fSur la terre rouge de Sienne, la Comune di Bagnaia est un projet hors du commun, et presque utopique. En trente ans, un réel exemple d’expérience de vie sociale basée essentiellement sur l’autonomie, la collectivisation de la richesse, l’égalité et la solidarité, a été mis en place.

Bagnaia, c’est aussi une ferme, menée selon les principes de l’agriculture biologique, atypique de par ses objectifs de production et son fonctionnement. Fortement imbriquée dans le projet de la Comune, son premier objectif est de produire non pas pour générer un revenu mais pour nourrir les habitants du lieu.

La Comune ou le « Vivere assieme » (Vivre ensemble) La Comune di Bagnaia est née de l’émergence des idées des années post 68, dans l’objectif de créer un lieu collectif le plus autonome possible permettant de se libérer des contraintes du libéralisme et de la consommation de masse. Aujourd’hui, elle regroupe vingt-cinq personnes (enfants et adultes), et chacun des adultes a fait le choix d’« investir » dans la vie communautaire en se libérant de la propriété individuelle. Pour rejoindre la Comune di Bagnaia, on ne peut posséder ni propriétés ni argent ; tout est légué à la communauté. Ainsi, ils ont réussi à mettre en place un système économique, poussé à l’extrême, au sein duquel l’ensemble des richesses sont mises en commun et sont ensuite redistribuées. Les richesses proviennent essentiellement des ventes des produits de la ferme, des revenus des habitants travaillant à l’extérieur et des dons et legs. Les richesses mises en commun sont ensuite redistribuées aux habitants sous la forme d’« argent de poche » : environ 200 euros par mois et 900 euros par an par habitant pour un mois de vacances. La quasi-totalité des autres besoins étant déjà pris en charge par la communauté : la nourriture, un logement dans la grande ferme rénovée, les dépenses d’essence, les visites médicales et frais de santé, la facture téléphonique, l’université pour les enfants… Ainsi, grâce au système de collectivisation, chaque habitant dispose d’un habitat, d’un cadre de vie, d’un confort et d’infrastructures qu’il serait difficile d’acquérir dans un cadre strictement individuel. ferme_inter-867fc

Décisions par concensus

Les décisions sont prises selon les principes du consensus, c’est-à-dire qu’il est nécessaire que l’ensemble des membres se soient mis d’accord avant qu’une décision soit validée. Plus précisément, il faut que personne ne s’oppose à la décision, sachant qu’il est possible de ne pas être d’accord mais d’accepter tout de même la décision vis-à-vis de l’intérêt collectif.

Dans le cas d’une opposition, la proposition est repensée afin que chacun des membres y trouve son compte. Ce système semble donc plus abouti qu’un simple vote à la majorité, car par défaut, ce système laisse toujours une minorité insatisfaite.

A Bagnaia, une réunion est organisée chaque semaine et rassemble l’ensemble des habitants autours des sujets du moment. Une réunion extraordinaire annuelle est tenue afin de discuter des grandes orientations comptables et des dépenses à prévoir le long de l’année à venir.

Les repas du midi et du soir, pris collectivement, favorisent l’échange et le dialogue au quotidien. Chaque individu a un rôle à jouer dans la Comune, en tant que cuisinier, femme ou homme de ménage, gestionnaire… Les tâches s’effectuent à tour de rôle et selon les dispositions de chacun ; ainsi l’ensemble des habitants participe à la vie de la communauté.

Outre cette vie collective, la Comune di Bagnaia, c’est aussi un projet de recherche d’autonomie. Des panneaux solaires produisent tout au long de l’année plus d’énergie que ce que la ferme ne consomme. L’hiver, le bois coupé et récolté permet de chauffer la bâtisse.

L’eau de pluie est recueillie dans un petit lac artificiel et utilisée pour irriguer les cultures. Une source offre aux habitants une eau potable. Outre la problématique énergétique, cette recherche d’autonomie tend aussi à satisfaire les besoins alimentaires de la communauté grâce à sa production agricole.

Agriculture et autonomie alimentaire Dans un contexte italien où l’auto-suffisance alimentaire ne semble pas une priorité, sachant que les supermarchés regorgent de nourriture bon marché, le projet de Bagnaia consiste à produire au maximum la nourriture qui est consommée sur place par les habitants. De ce fait, ce système de production agricole s’inscrit dans le projet social de la Comune et la recherche d’autonomie. Ici, l’agriculture n’a pas pour objectif premier de générer un revenu, mais de produire un produit sain et de qualité tout au long de l’année. Cela bien évidemment afin de diminuer les dépenses alimentaires, mais surtout de rester au plus proche des valeurs de la communauté : respect de l’environnement et de l’homme ; cela leur permet notament de s’affranchir autant que possible du système de consommation de masse. La Cooperative della Comune di Bagnaia est la structure officialisant l’existence de la ferme auprès des institutions. La ferme est une partie indépendante de la Comune di Bagnaia, sa comptabilité est gérée de telle sorte qu’elle soit toujours excédentaire. Le résultat économique provient de la vente des produits, essentiellement au voisinage et aux amis, mais aussi de la somme qu’attribue la Comune di Bagnaia à la coopérative correspondant à la valeur de l’autoconsommation. De ce fait, le fonctionnement de la structure agricole est similaire à une ferme dite classique. Dans une optique de recherche d’autonomie, les fondateurs de la Comune, ont choisi le lieu, notamment en fonction de ses capacités de production. Aujourd’hui, la Comune di Bagnaia s’étend sur près de quatre-vingt hectares incluant cinquante hectares de forêt. Les trente hectares restant sont destinés à la culture des oliviers, de la vigne, des céréales, au maraîchage, aux arbres fruitiers, à la production de fourrage, à l’apiculture et à l’élevage. La production agricole très diversifiée a été pensée dans l’objectif premier de répondre aux besoins alimentaires de l’ensemble des habitants. Grâce à une surface de maraîchage de 1,50 hectare, des légumes sont récoltés quasi-quotidiennement en fonction des besoins alimentaires. L’atelier d’élevage se cantonne essentiellement à l’auto-consommation : trois porcs, quatre taureaux, deux vaches laitières, une vingtaine de lapins, des pigeons, des poules… La production d’huile d’olive, de vin et de miel représente l’essentiel des excédents vendus. Grâce à cette production, les habitants de la Comune sont autonomes à 100 % en viande, en huile d’olive, en vin et en farine. La production légumière ne permet pas une autonomie totale, notamment durant la saison hivernale. Cette importante diversité animale et végétale favorise une réelle complémentarité entre chacun des ateliers de la ferme. Le fumier composté est utilisé directement sur le lieu, afin d’enrichir la terre en matière organique pour le maraîchage. Les chaumes du blé fournissent la paille, l’herbe des verger le foin et les céréales les compléments alimentaires nécessaires au bien être des animaux. Un système complexe mais qui donne à la ferme de Bagnaia une forte autonomie. L’autoconsommation de la majorité de la production implique la mise en place d’infrastructures collectives de petite échelle qui permettent la transformation et la conservation de la production agricole : cave, pressoirs, fromagerie, un local de transformation, etc. Ainsi tout au long de l’année, il est possible de déguster midi et soir sur les tables de la salle à manger : l’huile d’olive, le vin rouge, la viande séchée ou transformée, le fromage, le pain et toutes sortes de légumes cuisinées. Les tâches agricole sont réparties en fonction des capacités des habitants travaillant au sein de la coopérative. Aujourd’hui, six personnes sont en charge du travail de la terre. Comme il n’y a pas de hiérarchie, chacun apporte sa force de travail et de décision, afin de faire avancer le projet agricole collectivement.

Chaque jour, la répartition des tâches s’organise naturellement. Chacun vaque à ses occupations : récolte, travail de la terre, désherbage ou encore soin des animaux, des abeilles, etc., cela dans une optique de « travailler pour vivre mieux ! ».

La majorité du « résultat » du travail de la terre est non économique mais visible de suite (ou presque) ; lors de la préparation des repas et dans les assiettes de chacun ; cela constitue une source de motivation très importante pour chacun des travailleurs. Une main d’œuvre importante est disponible occasionnellement et facilite les récoltes et la transformation de la production agricole.

Une expérience qui bouscule les grands principes de notre société

ferme-14aa6La Comune di Bagnaia est une expérience réussie qui va fêter ses trente-cinq ans cette année, et qui ne cesse de bousculer les grands principes de notre société. Elle remet les relations humaines au cœur du quotidien : une vie collective intergénérationnelle, au sein de laquelle personne ne pense à cotiser pour la retraite mais où chacun apporte à sa manière sa pierre à l’édifice.

Un équilibre, un véritable système de solidarité universelle au sein duquel chaque être humain, quelque soit son âge, ses capacités physiques ou mentales, a droit d’être. Une recherche d’autonomie poussée, qui prend tout son sens au travers du travail de la terre : produire avant tout pour nourrir les hommes et pour ne pas faire que « consommer », produire pour plus de liberté et pour être acteur de son quotidien.

Source et photos : En chemin vers la terre

Sur la Terre

HORLOGERIE SUISSE, LES ENJEUX DU TEMPS, LE TEMPS DES DÉFIS

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LA CRISE DU QUARTZ, À LA FIN DES ANNÉES 70, A FAILLI AVOIR RAISON D’ELLE. APRÈS QUELQUES ANNÉES DE TROUBLES, L’INDUSTRIE HORLOGÈRE SUISSE A POURTANT SIGNÉ UN IMPRESSIONNANT COMEBACK. EN MOINS DE 10 ANS, LES EMPLOIS ET LES EXPORTATIONS QU’ELLE GÉNÈRE ONT DOUBLÉ. RÉALISANT 20 MILLIARDS DE FRANCS À L’EXPORTATION, ELLE SE HISSE AUJOURD’HUI À LA TROISIÈME PLACE DES SECTEURS PORTEURS, APRÈS LA PHARMACEUTIQUE ET L’INDUSTRIE DES MACHINES. UNE IMAGE D’EPINAL ? UN TABLEAU QUI MASQUE TOUTEFOIS LES PRINCIPAUX DÉFIS QUE L’INDUSTRIE HORLOGÈRE SE DOIT DE RELEVER POUR GARANTIR SA STABILITÉ ET SA COMPÉTITIVITÉ. TOUR D’HORIZON.

DE L’INTÉGRATION VERTICALE À LA PENSÉE LATÉRALE

Il y a 10 ans déjà, feu Nicolas G. Hayek exprimait pour la première fois l’objectif du Swatch Group de réduire, à terme, ses ventes de mouvements et de composants aux marques tierces. Force est aujourd’hui de constater que son intention marqua le début d’un véritable mouvement de fond. Du géant japonais Citizen Watch CO., annonçant en 2012 le rachat du fabricant de mouvements mécaniques La Joux-Perret, à Hermès, officialisant la même année l’acquisition du fabricant de cadrans Natéber: l’intégration verticale des savoir-faire horlogers par les grands groupes s’accélère, et avec elle la raréfaction des livraisons de composants à des tiers. Derrière ces vagues de rachats, des objectifs clairs, comme la garantie d’un approvisionnement respectant des échéances importantes – telles que celles imposées par les salons –, ou l’assurance de la maîtrise exclusive d’un savoir-faire. Mais aussi de lourdes conséquences pour les marques indépendantes. «Les petits acteurs de la branche, qui ne possèdent souvent pas les ressources pour se transformer en manufacture, n’ont aujourd’hui plus le luxe de choisir leurs sous-traitants: ils se retrouvent guidés par les opportunités, au détriment parfois de la qualité des services proposés», déplore Alexis Gouten, co-propriétaire de l’enseigne Maverick Geneva et de la marque horlogère Manufacture Royale. Loin de relever de la tendance, les conséquences de ce phénomène sont mesurables, si l’on s’en tient au seul cas du Swatch Group. Dans son dernier rapport, la Commission de la concurrence (COMCO) prévoit ainsi que le groupe biennois cesse toutes livraisons de mouvements ETA à l’horizon 2022. Toutefois, il apparaît comme peu probable que l’ensemble des grands acteurs du secteur horloger lui emboîte le pas. «Les groupes seront toujours disposés à travailler avec des marques mettant l’innovation à l’honneur, dans la mesure où celle-ci favorise l’émulation», souligne Vincent Perriard, CEO de la marque horlogère HYT, qui a lancé en 2013 la H2, arborant un mouvement signé Renaud & Papi.

Le mot est lâché: innovation. Bien plus qu’un enjeu pour les indépendants, elle semble constituer la garantie de leur survie. «Si vos produits ne sont pas innovants, ils n’intéresseront ni les sous-traitants, ni les distributeurs, et encore moins les médias et le client final », rappelle Vincent Perriard. Quant à la question de définir l’innovation et de la placer sur la chaîne de production, Xavier Comtesse, directeur d’Avenir Suisse, répond sans détour. «Il s’agit pour les marques indépendantes de s’émanciper de l’emprise des grands noms, en proposant de nouvelles manières d’envisager la lecture de l’heure, en cherchant de nouveaux matériaux ou en repensant leur distribution». Néanmoins, cette affirmation mérite d’être nuancée. « Certains marchés sont très sensibles à l’innovation, tandis que d’autres, comme le marché asiatique, investissent dans des valeurs sûres. L’enjeu devient dès lors de proposer des produits diversifiés tout en préservant l’ADN de la marque», précise Anne-Lise Girod, responsable des ventes chez Manufacture Hysek. Face à l’essor de l’intégration verticale des outils productifs, les firmes indépendantes se devraient donc de développer une pensée latérale, qu’il s’agirait de déployer également au moment de la définition des canaux de distribution de leurs produits. Entamée dans les années 90, l’intégration verticale de la distribution s’est concrétisée par l’ouverture de nombreuses boutiques monomarques, qui ont d’ailleurs connu un véritable essor dans la décennie 2000, comme le rappelle l’étude sur les enjeux et perspectives du secteur menée en 2013 par le Crédit Suisse. Face aux enseignes multimarques, celles-ci présentent l’indéniable avantage de faciliter la fixation des prix des produits, tout en mettant à la disposition du client final une offre complète, proposée à la vente par du personnel acquis à la philosophie de la marque. Toutefois, l’univers dédié à un coût. «Les marges dans l’horlogerie sont nettement moins importantes que celles réalisées dans le prêt-à-porter! Rentabiliser une enseigne en Europe n’est pas chose facile, et ceci même pour une marque jouissant d’une belle renommée internationale », précise Alexis Gouten. Dès lors, comment concilier image de marque et rentabilité ? « D’ici 2020, il y a fort à penser que nous assisterons au développement d’enseignes multimarques propriétés des grands groupes, à l’image des enseignes Tourbillon et Hour Passion, appartenant au Swatch Group. Quant à la distribution des marques indépendantes, elle sera principalement assurée par des multimarques, spécialisés dans l’horlogerie de niche», prévoit Alexis Gouten. D’autres placent l’innovation au cœur de leur stratégie. «La M.A.D.Gallery nous permet de réaliser une micro verticalisation de la distribution, en rassemblant les œuvres d’artistes divers autour du concept de machine», souligne Maximilian Büsser, fondateur de MB&F, qui a récemment inauguré une seconde enseigne à Taipei. Les réseaux de distribution online pourraient également se développer considérablement, et ainsi constituer pour les acteurs indépendants une alternative rentable aux enseignes multimarques. « Certaines maisons ont pris très tôt le virage de la vente sur Internet, comme Fossil, qui réalise aujourd’hui plus de 25% de ses ventes annuelles via son site e-commerce. A long terme, je pense que la tendance s’étendra à l’ensemble des marques horlogères, quel que soit leur positionnement. Il y a 10 ans, qui aurait pensé que Lombard Odier ou la Banque Pictet se lanceraient eux aussi dans le e-banking ? », souligne Xavier Comtesse. S’inspirer des modèles de vente éprouvés tout en osant l’innovation, telle semble être la clé du succès des marques indépendantes, touchées par l’intégration verticale des outils productifs et des canaux de distribution pratiquée par les grands groupes. De là à parer cette maîtrise des savoir-faire horlogers en allant chercher les précieux composants des garde-temps en-dehors des frontières helvétiques, il n’y aurait qu’un pas. Et pourtant. Ici semble se situer la limite de l’innovation : lorsqu’elle se confronte à la notion de tradition, dont la préservation est à l’origine du projet Swissness.

LE PROJET SWISSNESS : LES DESSOUS D’UNE PROMESSE QUALITÉ

précision, fiabilité: autant de valeurs traditionnellement associées aux montres suisses, que le projet de loi Swissness vise à renforcer sur les marchés internationaux. Déposé en 2009 puis approuvé en juin 2013 par le Parlement, la loi, dont l’entrée en vigueur est attendue pour fin 2015, prévoit de resserrer les critères de l’appellation Swiss made en revoyant ceux établis par l’Ordonnance du 29 décembre 1971 réglant l’appellation du nom Suisse pour les montres, jugés trop laxistes. Désormais, au moins 60% du coût de revient d’une montre labélisée Swiss made devra être réalisé sur le sol helvétique. Couvrant les coûts de R&D et ceux de l’assemblage, ce taux, qui s’étend à toutes les pièces constitutives de la montre, exclut toutefois le coût du bracelet, des matières premières, des piles et des pierres. Selon Jean-Daniel Pasche, président de la Fédération horlogère suisse (FH), qui encouragea l’adoption d’un taux de 80% pour les montres mécaniques, cet aménagement se révèle nécessaire pour garantir la crédibilité du label et protéger les attentes du consommateur. «A côté ou en sus de la marque et des standards d’excellence que constituent les Poinçons de Genève et de Fleurier, le label Swiss made est un signe distinctif important dans le monde horloger: si les montres n’intègrent qu’une faible valeur suisse, les manufactures et ce label vont perdre toute crédibilité. Cette nouvelle loi encourage les entreprises à s’adapter ou à renoncer au label, dont l’usage n’est d’ailleurs pas obligatoire ». Des bénéfices collatéraux seraient également à relever : « Il est indéniable que l’entrée en vigueur de la loi va favoriser les investissements pour la fabrication de composants en Suisse», se réjouit Jean-Daniel Pasche. A la considération des pénuries programmées d’approvisionnement des composants horlogers, imputables à la forte intégration verticale des outils productifs par les groupes, la validité de cette affirmation apparaît comme une condition sine qua non à la pertinence de cette loi. Si l’augmentation des entreprises de sous-traitance ne fut que peu significative en 2013, comme le rapporte l’étude du Crédit Suisse, il est donc à espérer une croissance de la branche sur le sol helvétique d’ici 2015, accompagnée d’une recrudescence de l’emploi de main-d’œuvres qualifiées, qui font aujourd’hui cruellement défaut.

Avant de préserver les valeurs traditionnellement associées à l’horlogerie suisse, il s’agirait donc de déterminer si ces mêmes valeurs définissent encore aujourd’hui l’industrie horlogère suisse. «Si le pays occupe une position de leader dans la maîtrise des savoir-faire propres à l’horlogerie haut de gamme, certaines techniques, comme celles liées au verre, sont aujourd’hui mieux maîtrisées par des fournisseurs étrangers, notamment asiatiques», précise Alexis Gouten. Une amélioration de la qualité suisse est-elle à prévoir? Derrière cette question, une interrogation plus large, relevant de la fonctionnalité même de l’objet montre tel qu’on le connaît aujourd’hui. Pour Maximilian Büsser, elle se pose en ces termes : « L’apparition du quartz a ôté à l’horlogerie sa principale raison d’être. Depuis, le défi demeure inchangé; il s’agit de parvenir à convaincre les gens d’acheter des montres, alors qu’il est tout à fait possible de s’en passer aujourd’hui». En est-il de même des montres connectées, qui alimentent aujourd’hui toutes les rumeurs ?

A L’HEURE DE LA CONNECTIVITÉ

En 1999, il y eut Samsung, qui lança la première montre entièrement connectée à Internet. Imposant, onéreux et disposant d’une très faible autonomie, le garde-temps ne connut pas le succès escompté, mais ouvrit la voie à un nouveau marché, occupé depuis par les géants asiatiques Casio, Citizen Watch Co., Huawei, Seiko et Sony. Aujourd’hui, la demande semble au rendez-vous. Selon les chiffres publiés par le cabinet Strategy Analytics, près de deux millions de montres intelligentes auraient été vendues en 2013. Face au succès de ce marché encore embryonnaire, certaines marques suisses affichent leur volonté de se positionner: MyKronoz, une jeune start-up genevoise, a ainsi lancé en 2013 ZeWatch, une montre intelligente relayant les fonctionnalités d’un Smartphone, tandis que Tissot, qui avait été la première marque horlogère à équiper ses montres d’écrans tactiles, annonce pour la fin de l’année la sortie de modèles connectés via Bluetooth. Dans ce paysage, un leader de l’électronique manque toutefois à l’appel: Apple. Si la production de l’IWatch n’a pas encore été confirmée – bien que le Swatch Group ait déjà prévu de lancer une procédure contre la multinationale américaine au motif que les risques de confusion seraient élevés entre les termes d’ISwatch et d’IWatch –, les potentielles fonctionnalités de cette dernière alimentent déjà les rumeurs. « Apple ne va pas se contenter de lancer des modèles connectés dotés des mêmes fonctionnalités qu’un Smartphone ou un Ipad. Celles-ci pourraient d’ailleurs se révéler plus compliquées d’utilisation, dans la mesure où l’écran d’une montre est plus petit que celui d’un Smartphone et que nous avons besoin de notre pouce droit, voire de nos deux mains, pour chater! A mon sens, le monopole du poignet sera occupé par les anneaux de santé, affichant le check-up complet de leur propriétaire », prévoit Xavier Comtesse. D’autres sont plus prudents. « Nous ne connaissons pas encore les potentialités des montres connectées. La seule chose que l’on peut affirmer est qu’une mutation s’opère actuellement sur le marché des montres d’entrée de gamme, soit celles affichant des prix variant de CHF 50 à 1’000.-», précise Vincent Perriard. Si les récents lancements corroborent cette affirmation, rares sont en revanche les marques à avoir parié sur la compatibilité de la montre intelligente avec un positionnement haut de gamme. Contrairement au fort impact des montres à quartz sur l’industrie du luxe à la fin des années 1970, les montres connectées ne semblent pas constituer de véritable menace pour le secteur, ainsi que pourrait en témoigner leur présence très discrète au dernier salon Baselworld. «Ces smartwatches ne vont pas remplacer les montres suisses, elles sont complémentaires!», soutient en ce sens Sergio Silva, directeur technique chez Manufacture Hysek. Hormis le fait d’indiquer l’heure et de s’arborer au poignet, tout semble en effet opposer haute horlogerie et garde-temps intelligents. « Issues de l’informatique et de la téléphonie, ces montres, relativement éphémères, sont des extensions des Smartphones, tandis que les garde-temps de haute horlogerie proviennent de l’industrie mécanique de précision, renvoient à des savoir-faire manufacturés et sont destinés à se transmettre d’une génération à l’autre», souligne Steve Raffner, spécialiste de la question et créateur du site iObjets.com, avant de supposer qu’une « compatibilité est peut-être à chercher du côté de l’encre électronique ou de modules interchangeables que l’on pourrait adapter à des montres mécaniques». Ce féru des nouvelles technologies ne croyait pas si bien dire: une manufacture suisse a déjà breveté la technique ! Fondée en 2010 par Jörg Hysek, la marque Slyde est déjà au bénéfice d’une quinzaine de modèles horlogers reposant sur un concept fort : la reproduction sur écrans haute définition des complications horlogères les plus prisées, toutes interchangeables de manière tactile. «De l’échappement à tourbillon à l’heure sautante en passant par la phase de lune, le chronographe, le réveil ou le calendrier, chacune de nos références peut combiner jusqu’à six mouvements virtuels, téléchargeables depuis notre site Internet», précise Raphaël Bertschy, COO de la marque. En 2013, il s’est écoulé près de 3’000 de ces petits bijoux de technologie, vendus entre 6’000 et 7’000 francs suisses. Constitueront-ils demain le standard d’excellence de l’horlogerie suisse ? Avant de se laisser aller aux conjectures, il convient ici de donner du temps au temps.

Texte: Gaëlle Hennet – Tiré de l’édition du mois de Juillet 2014 du magazine Sur la Terre.

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